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Les jeux dangereux


Les intervenants de La Cause des Enfants évoquent les « jeux » dangereux tel que le petit pont massacreur, la tomate, le foulard, le baiser du dragon, le bouc émissaire, peuvent gravement blesser (ou tuer, 78 décès en 2008) et des prises de catch reproduites par les enfants dans les cours d’école.

Dans de nombreuses cours de récré, c’est le nouveau sport à la mode : comme les catcheurs qu’ils voient à la télé, les enfants simulent des combats avec force acrobaties et coups simulés. Le problème, c’est qu’ils le font sans aucune protection et les accidents peuvent être graves. La mise en scène du sport spectacle, la pratique du catch nécessite de l'entraînement et ne s'adresse pas aux enfants de moins de 13 ans. Mais on ne peut pas pratiquer n'importe où. Il faut aller dans une école de catch, et là, on ne prend pas les enfants en dessous de 13 ans.


« Une pratique qui inquiète tout spécialement les parents compte tenu des risques encourus. Sauts de plusieurs mètres de hauteur, prise avec genoux dans le dos souvent pratiqués sur des surfaces non appropriées telles que goudron ou carrelage, autant de dangers ignorés des enfants. « Moi je pense que les matches de catch c'est pour du vrai » avance Enzo 8 ans. Un an plus âgé, Jason lui, a conscience que la part de spectacle et de mise en scène est importante mais la tentation est trop grande.

Jeu vidéo, spectacle télévisé sur les chaînes de la TNT et bientôt hertziennes, habillements, objets dérivés et cartes en tout genre, si le phénomène catch tend à se faire plus discret dans les cours d'écoles avec les restrictions des directeurs, la manne financière, elle, n'est pas prête de s'arrêter.

Inspiré directement des jeux vidéos, le catch n'est pas une mode comme on a pu le voir pour d'autres phénomènes auparavant. L'argent généré par le catch est devenu trop important à travers les magazines, les diffusions télévisées ou autres produits dérivés pour que cela cesse rapidement. Ce qui me semble le plus inquiétant est la violence que cela engendre. Les catcheurs dans leur spectacle, se définissent comme invincible, n'ayant peur de rien. Écraser les autres pour être le plus fort ou le meilleur est un véritable problème de société et le catch renforce cette tendance. Au final, c'est l'enfant qui risque d'avoir peur de ne pas être à la hauteur. »


Alain Barrier Membre du CISPD du Creusot.


« Les vrais champions sont ceux qui blesseront le moins d’adversaires puisqu’ils auront réussi à créer une illusion spectaculaire sans blesser leur rival. »




LES « JEUX » DE NON-OXYGÉNATION


Les « jeux » de non-oxygénation ou d’asphyxie, de strangulation, de suffocation sont appelés de plusieurs noms : trente secondes de bonheur, rêve bleu, rêve indien », « jeu » du cosmos, « jeu » des poumons, « jeu » de la tomate, de la grenouille... Le plus connu est le « jeu » du foulard. Ce type de « jeu » consiste à freiner l’irrigation sanguine du cerveau par compression des carotides, du sternum ou de la cage thoracique, pour ressentir des sensations intenses, des visions pseudo hallucinatoires. Dans la plupart des cas, il n’existe pas de rôle défini en tant que victime ou agresseur car la relation peut s’inverser : l’étrangleur devient alors l’étranglé. Cependant, il a été rapporté que certains jeunes ont pratiqué ce « jeu » sous la contrainte ou la pression d’un groupe.

Image décorative - enfant en noir et blanc


Mais l’enfant peut aussi reproduire seul l’étranglement grâce à un lien quelconque, avec un risque accru de strangulation et de pendaison dont les conséquences sont irréversibles puisque, comme il est seul, personne ne pourra le réveiller.



Conséquences physiques et psychologiques

Les symptômes post-anoxiques (privation sévère d’oxygène) sont nombreux et variables selon la durée de l’anoxie. Celle-ci peut aussi conduire à un coma profond, voire à la mort. Le risque de mort est d’autant plus grand que l’enfant reproduit ce « jeu » seul à son domicile.

La pratique intensive et répétée du « jeu du foulard » peut alors être à l’origine d’un véritable comportement de dépendance, qui pousse l’enfant ou le jeune à rechercher toujours plus de sensations par le biais de l’auto-asphyxie.



LES PRATIQUES VIOLENTES OU LES « JEUX » D’AGRESSION


Le dénominateur commun des « jeux » d’agression (hétéro-agressifs) est l’usage de la violence physique gratuite, généralement par un groupe de jeunes envers l’un d’entre eux. On distingue les jeux intentionnels et les jeux contraints.


Les « jeux » intentionnels


Tous les enfants participent de leur plein gré aux pratiques violentes.

Quelques exemples de ce type de « jeu » : Le « jeu » du cercle infernal, le « jeu » de la cannette, le « jeu » du mikado, le bouc émissaire, le petit pont massacreur ou la mêlée, le jeu du jugement, le petit pont boulette, la tatane… Le principe est toujours le même. Au sein d’un cercle de jeu, un objet est lancé ; le joueur qui ne le rattrape pas devient la victime et est alors roué de coups par les autres joueurs.


Les « jeux » contraints

L’enfant qui subit la violence du groupe n’a pas choisi de participer. Il est clairement identifié comme une victime puisqu’il n’a pas donné son consentement.



Quelques exemples de ces « jeux » contraints : - le « jeu » des cartons rouges, le « jeu » de la ronde ; - le « jeu » de la mort subite ou de la couleur : un enfant qui porte le plus grand nombre de vêtements de la couleur désignée le matin est frappé et humilié toute la journée :

. le « jeu » du taureau : un groupe d’enfants ou d’adolescents foncent, tête baissée, sur un enfant désigné ;

. le « jeu » de Beyrouth : des enfants demandent à un autre la capitale du Liban. Si l’enfant ne sait pas répondre

à cette question, il est frappé sur ses parties masculines ;

. le « happy slapping », en français « joyeuses claques » : il s’agit d’une pratique consistant à filmer, à l’aide de son téléphone portable, une agression perpétrée par surprise, puis de procéder à la diffusion de ces images. Cette pratique, outre les violences physiques, vise également à porter atteinte à la dignité et à l’image de la victime.

Le « happy slapping » est un acte grave puni par la loi de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000€ d’amende, dès lors qu’elle est commise sur un mineur de moins de 15 ans, une personne vulnérable ou une personne chargée d’une mission de service public, comme un enseignant.

Conséquences physiques et psychologiques

Qu’ils soient intentionnels ou contraints, ces jeux peuvent avoir des conséquences graves et diverses : hématomes, fractures, séquelles neurologiques, voire mener à la mort. Les victimes de ces jeux peuvent présenter des manifestations psycho-traumatiques – troubles du sommeil, reviviscence de l’événement traumatique, idées noires – ainsi que des symptômes anxiodépressifs susceptibles d’évoluer vers l’apparition d’une phobie scolaire, de pensées suicidaires, avec parfois des passages à l’acte.




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